Not Vital, <i>Tanter</i> (installation view), 2014
Not Vital, <i>Tanter</i> (installation view), 2014
Not Vital, <i>Tanter</i> (installation view), 2014

Not Vital, Tanter (installation view), 2014

NOT VITAL
TANTER

17th January 2014 — 23rd April 2014

Musées d'Art et d'Histoire, Geneva

Curated by Christian Rümelin and Alma Zevi
L’exposition qui ouvre ses portes mi-janvier au Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire, consacrée au Grisonnais Not Vital, comporte dans son titre son esprit : Not Vital. Tanter.  Une exposition centrée sur un artiste qui se situe toujours tanter  – « entre » en romanche. Entre deux pays, deux techniques, deux médias, deux cultures… À Genève, si cet artiste a déjà exposé dans des galeries – notamment chez Guy Bärtschi – c’est la première fois qu’une exposition personnelle lui est consacrée dans une institution. « En fin de compte, on ne sait pas ce que c’est. » Cette conclusion d’un livre écrit à son sujet plaît beaucoup à Not Vital. Infatigable voyageur, l’artiste suisse aime se réinventer à chaque fois qu’il s’installe dans un lieu. S’adapter à un nouvel environnement, à de nouvelles techniques artistiques ou d’autres matériaux.  Se nourrir d’ailleurs Se pencher sur l’art de Not Vital, c’est très vite prendre conscience que pour lui tout s‘entrelace et gravite autour du mouvement entre différents lieux. Lui-même ne s’arrête que rarement, voyage sans cesse entre ses ateliers à Sent, à Pékin, en Patagonie ou encore à Agadez. Pour cet homme insaisissable, le lieu dans lequel il crée est important. Pourtant, l’oeuvre contient toujours une parcelle « d’ailleurs ». Dans ses sculptures, cela est peut-être plus évident encore que dans ses oeuvres sur papier. C’est le cas avec Mias Muntognas (My Mountains), Model for House in Flores ou Sitting on my face. Mais bien qu’il voyage sans répit depuis de très nombreuses années, Not Vital ressent toujours le besoin de rester enraciné dans sa région natale des Grisons. Y retourner, c’est à chaque fois céder à une fascination naturelle, à des émotions et souvenirs précieux, indispensables pour clarifier ses idées. Comprendre l’oeuvre de Not Vital, c’est accepter que l’artiste remette en question ses habitudes, ses perceptions, laisse libre cours à sa curiosité. Et que pour cela, il use de sa capacité à utiliser l’espace, à le créer, à le modifier et à laisser surgir sentiments, émotions et souvenirs. Toujours à la recherche de nouvelles idées, il se plonge dans différentes cultures et prend le temps nécessaire pour les observer et les comprendre, s’inspirant d’expériences individuelles. Puis il sculpte, investit des lieux, dessine, produit des estampes. Car, fidèle à son refus de toute formule figée, il recourt à différents médiums : s’il travaille principalement en tant que sculpteur, il consacre une part importante de son énergie à la création d’oeuvres sur papier, estampes, dessins ou multiples. Constance dans les thématiques La cohérence de son oeuvre est à chercher dans ses sujets : son intérêt pour la nature et le paysage, ainsi que son regard sur l’intégration de l’être humain dans son environnement. L’échange, également, la prise en compte des expériences des autres et le maniement des langues – hors de son village, il ne trouve plus personne avec qui parler sa langue maternelle – sont des constantes dans sa vie, répercutées de mille façons dans son oeuvre. Pour aborder les créations de Not Vital, il faut vouloir s’interroger, observer et prendre en compte ce qui se passe autour de l’oeuvre. Comment l’objet intervient-il dans l’espace, comment modifie-t-il son environnement ? Car l’artiste engage toujours un dialogue avec son milieu et l’envahit de ses créations. Ses oeuvres d’art se révèlent alors sous la forme d’une interaction, d’un échange entre lui même et les autres.

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